GAZELLE MAG

J’ai longtemps vécu comme une faiblesse le fait d’être une femme. Aujourd’hui je suis davantage dans la recherche d’équilibre, plus en paix avec moi même..

Témoignage complet . . .

La question sur le féminisme me fait fait prendre conscience qu’être une femme aujourd’hui est une force. Je l’ai longtemps vécu comme une faiblesse du fait de mon héritage familial, même si mes parents étaient relativement ouverts. Dans la mesure où ils m’ont encouragé dans mes études et ont développé l’estime de moi-même. Ils souhaitaient cependant que j’adopte leurs repères culturels et religieux que je vivais comme des contraintes à mon émancipation.

Cela me rappelle que j’ai longtemps été en lutte, que ce soit dans le cercle familial , dans mon parcours professionnel ou pour défendre la condition féminine. C’étais comme être en bataille sur tous les fronts! Et donc aussi dans une bataille intérieure avec moi-même. Je comprends aujourd’hui que c’était sans doute aussi lié à la lignée féminine qui a beaucoup souffert du patriarcat.. Que ce soit la mienne ou celle de la femme d’un point de vu universel. Je courais dans tous les sens pour exister et trouver ma place jusqu’au jour ou mon corps et mon âme ont dit stop. J’ai quitté mon dernier job dans lequel je n’étais pas reconnue.

C’est à ce moment là où je me suis tournée vers moi-même en reprenant la danse ( ma passion d’enfance) qui m’a permis de revenir à mon corps et de là l’envie imposante de revenir chez moi sur mes terres d’origine, au Maroc. Dans la Vallée de la rose, j’y ai rencontré des femmes qui travaillent dans des coopératives qui, malgré des conditions difficiles, sont un exemple de courage et de dignité. Je me suis vite rendu compte qu’au lieu de lutter elles étaient dans l’action tout en cultivant une joie de vivre. J’ai été fascinée par leur beauté, leur sourire et ce qui se dégageait de leur présence. Elles sont juste du côté de la vie, en lien avec la terre et puis la rose! Pour la première fois de ma vie je me suis sentie femme en lien avec ma féminité. La rose en était un puissant symbole.

Je suis depuis davantage en recherche d’équilibre, plus en paix avec moi-même car engagée sur une voie en lien avec la terre, d’autres femmes et autour de la notion de beauté naturelle à travers Lavyzoë, ma marque de cosmétique solidaire et équitable que j’ai créée suite à ce voyage de retour aux sources. Je travaille depuis avec ces femmes qui me fournissent en roses pour la création de mes produits. Il y a beaucoup d’humain dans notre collaboration et j’essaie de participer à la cueillette annuelle de la rose, un moment magnifique de partage entre femmes.

Je pense que le féminisme aujourd’hui doit nous interroger sur la notion de paix et d’équilibre avec l’homme. À mon sens la femme doit trouver sa juste place et ne pas se battre pour celle de l’homme au risque de reproduire les mêmes erreurs.. Et en tant que mère il me semble que l’éducation à l’épanouissement de l’enfant est primordiale pour nourrir cette paix.

Hayat GAAMOUCHE, Présidente LavyzOë Paris